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  • Photo du rédacteurAlizé DANCHAUD

Biodiversité et entreprises, où en est-on ?

69%, c’est pourcentage de réduction de la taille moyenne de la population des vertébrés sauvages entre 1970 et 2018 selon l’IPV (Indice Planète Vivante). Alors que le déclin de la biodiversité et ses conséquences sont reconnus depuis plusieurs années, ses liens étroits avec les entreprises ne sont pas aussi développés que ceux des gaz à effet de serre.


Depuis quelques années, des outils d'évaluation émergent et enfin les cadres méthodologiques débutent leur harmonisation. L’Accord de Kunming-Montréal qui a vu le jour lors de la COP15 pour la biodiversité en décembre 2022, et la publication de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) dont la biodiversité est le 4ème pilier environnemental, marquent ensemble un tournant pour cet enjeu planétaire.


Cette thématique complexe était au cœur du Salon Change Now 2023 dans le but d’aider les entreprises à identifier, mesurer, et agir sur leur empreinte biodiversité au plus vite ! Dans cet article, Entracte vous résume ce qui s’est passé depuis décembre 2022.



Comment les cadres référentiels se consolident-ils aujourd’hui ?


Les dernières évolutions concernant la biodiversité sont historiques et posent les bases pour un nouveau chapitre de responsabilité environnementale.


En décembre 2022, la COP15, traitant de la biodiversité, marque le premier temps fort de cette nouvelle année. Les COPs - réduction de “Conférence des Parties” - sont des réunions internationales sur le climat organisées par les Nations Unies qui réunissent les pays ayant adhéré au traité international de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ainsi, la COP sur le climat réunit annuellement ces acteurs et la COP biodiversité, issue de la Convention sur la Diversité Biologique (Rio, 1992) réunit ces derniers tous les deux ans. Alors que la COP21 (2015) a annoncé un tournant pour le climat avec les Accords de Paris, la COP15 biodiversité (2022) marque les esprits avec l’accord Kumming-Montréal. Cet accord est inédit, notamment par son objectif inattendu et ambitieux : protéger 30% de la planète d’ici 2030 alors que seulement 17% des terres et 10% des océans sont aujourd’hui considérés comme protégés.


En parallèle, la nouvelle directive européenne publiée en décembre 2022, la CSRD, intègre la biodiversité et les écosystèmes comme son 4ème pilier environnemental. Pour rappel, la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) étend son champ d’action à plus de 50 000 entreprises en Europe, renforce les réglementations de reporting social, environnemental et de gouvernance (ESG) pour ces dernières, et insère la notion de double matérialité consolidant l’analyse des impacts, risques et opportunités ESG des entreprises.


Fin mai 2023, les lignes directrices des SBTN (Science-Based Targets for Nature) ont été publiées afin d’aider les entreprises à construire leur trajectoire biodiversité. S'appuyant sur la dynamique du SBTi (Science Based Targets initiatives) qui regroupe plus de 5 000 entreprises dans le monde, le SBTN fait aussi partie de la Global Commons Alliance (GCA) et permet aux entreprises - et à d’autres acteurs - de se fixer des objectifs quantifiables de protection et restauration de la biodiversité. L’objectif du SBTN est plus ambitieux que celui de la COP 15 recommandant aux entreprises d’inverser la perte de la nature d'ici 2030. Les entreprises sont donc encouragées à non seulement réduire leur impact biodiversité mais aussi à participer activement à la restauration des écosystèmes grâce à des solutions innovantes.


Au même titre que la Task Force on Climate-related Financial (TCFD), la Task Force on Nature-related Financial Disclosures (TNFD) a vu le jour plus récemment en 2021 pour accompagner les entreprises dans leur mesure de risques et d’impacts vis-à-vis de la biodiversité. Ses premières recommandations de reporting à l’échelle mondiale en matière de biodiversité seront publiées en septembre 2023.


Les nombreux cadres méthodologiques émergents témoignent d’un nouvel engouement mondial pour cet enjeu planétaire qui ne va pas s’arrêter ici. Malgré la complexité du sujet, une coordination des acteurs et des filières est en cours et est nécessaire pour le passage à l’action. Les entreprises sont donc toutes invitées à rejoindre le mouvement de la neutralité et participation à la biodiversité à leurs échelles.


Comment mesurer son empreinte biodiversité et passer à l’action ?


Au salon Change Now 2023, plusieurs acteurs dont KPMG, Vivae, Green Score Capital, Kayrros, se sont réunis pour exposer leurs solutions pour être prêts en 2030. Ce qu’on en retient, ce sont plusieurs étapes à suivre pour passer à l’action, un cadre méthodologique pour identifier son impact et une matrice permettant d’évaluer continuellement sa maturité biodiversité.


Green Score Capital, première solution progiciel globale d’aide à la décision environnementale, recommande aux entreprises quatre étapes clés à la réussite de son projet biodiversité :

  1. L’identification des catégories de produits et services qui impactent le plus la biodiversité en corrélation avec les ventes de l’entreprise ;

  2. La simulation de différents scénarios alternatifs pour remplacer les processus à impact négatif - en prenant en compte les différents impacts environnementaux tels que les émissions de gaz à effet de serre, l’extraction de matières premières ou encore l’utilisation de ressources en eau ;

  3. La sélection des meilleures combinaisons possibles favorisant la réduction de l’impact de l’entreprise sur l’environnement et son optimisation économique ;

  4. La mise en place d’une roadmap environnementale sécurisée !


Pour identifier les catégories d’impacts biodiversité d’une entreprise, Vivae, Copilote des décideurs sur les enjeux de biodiversité, et KPMG, cabinet de conseil international, proposent un cadre méthodologique basé sur les 5 grandes pressions qui affectent directement la biodiversité selon l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques).




Ces grandes pressions sont elles-mêmes liées à d’autres impacts environnementaux et sont souvent déjà prises en compte dans l’évaluation des risques de certaines entreprises. Il est donc recommandé à l’entreprise d’évaluer si elle affecte ou est affectée par une de ses catégories lors de sa cartographie des risques et dans un cas positif, d’évaluer le lien avec la biodiversité.

Enfin, Vivae et KPMG recommandent aussi aux entreprises d’évaluer leur maturité en termes d’analyse de risques et stratégie en place pour la préservation de la biodiversité. Cette auto-évaluation repose sur les 8 axes d’analyses suivant qui eux-mêmes sont plus ou moins similaires à d’autres référentiels internationaux tels que ceux d’ISO 26 000, du GRI ou encore de la CSRD :

  1. Gouvernance interne ;

  2. Relation avec les parties prenantes ;

  3. Orientation du business plan ;

  4. Gestion des risques ;

  5. Méthodes et mesures ;

  6. Données ;

  7. Outils ;

  8. Reporting.


Conclusion


Un nombre important d’outils voit le jour, que ce soit des cadres méthodologiques ou bien des solutions tech tel que Kayrros qui utilise des satellites pour identifier des fuites de méthane parmi d’autres impacts. La complexité de la biodiversité et ses liens étroits avec d’autres aspects environnementaux et sociaux en font un sujet souvent négligé. Les entreprises n’ont pas l’habitude d’identifier leur empreinte biodiversité, ou alors compensent sans même prendre conscience de leurs impacts.


Alors qu’il existe de nombreux projets en soutien à la biodiversité et essentiels à son développement tels que les abeilles ou bien la reforestation, il est aujourd’hui primordial d’identifier ses propres impacts afin de les réduire. La méthodologie proposée par Vivae et KPMG est un premier cadre efficace si vous n’avez pas encore eu l’occasion de réaliser votre bilan biodiversité, une première étape importante avant le passage à l’action de réduction et compensation des impacts.


 

Pour se former aux enjeux de la biodiversité :


Start-ups à suivre :

  • Kayrros : Technologie satellitaire de mesure indépendante de l'empreinte de l'activité humaine sur l'environnement au niveau mondial.

  • Green Score Capital : La première solution SaaS qui évalue tous vos impacts environnementaux et passez du monitoring à l’action.

  • Nature Metrics : Les informations sur la nature les plus puissantes du marché.

  • Mycophytp : start-up Deep Tech, invente l'agriculture de demain grâce à ses champignons mycorhiziens, biostimulants naturels des plantes.

  • BeeOdiversity : Fournisseur d’outils de mesure, des conseils et des solutions basées sur la nature pour que vous soyez des références en biodiversité.

  • Ynsect : leader mondial de la production d’ingrédients à base d’insectes pour l’alimentation des animaux, des êtres humains et des plantes.


Sources :


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