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  • Photo du rédacteurMarie-Liesse DE LASSUS

Horizom : la culture du bambou pour séquestrer massivement du carbone !

Dernière mise à jour : 21 juin 2023

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🎍Horizom est une entreprise d’agriculture régénératrice qui développe la culture du bambou géant sur un modèle équitable. L’objectif est double : séquestrer massivement du carbone et produire de la biomasse à destination de l’industrie.


Entretien avec Dimitri Guyot, Cofondateur et Directeur Technique d'Horizom 👋🏻


🌱 Pouvez-vous nous présenter Horizom en quelques mots ?


Nous partons du constat qu’atteindre la neutralité carbone à l’échelle planétaire d’ici 2050 est le seul moyen de stabiliser le climat. Pour atteindre cet objectif, les deux leviers à actionner sont :


- La réduction de nos émissions de gaz à effet de serre.

- L’augmentation des puits de carbone (forêts, sols, océans, etc.).


Il est donc absolument essentiel de développer dès maintenant des moyens de production de biomasse résilients, pouvant se substituer aux ressources fossiles (métaux, minerais, énergies), et permettant une séquestration carbone rapide et massive.


Nous répondons à ce double enjeu en développant une filière française de culture du bambou. En effet, le bambou a tous les atouts pour être au centre de cette nouvelle économie de la biomasse. Sa vitesse de croissance record lui permet de séquestrer rapidement du carbone tout en produisant massivement une biomasse de grande qualité, valorisable sur de nombreux marchés (biomatériaux, biochimie, bioénergie).


Horizom se place au centre de la filière, en travaillant à la fois sur l’amont et sur l’aval. Côté amont, nous développons des plantations en partenariat avec les agriculteurs, pour qui la culture du bambou représente une diversification très intéressante. En effet, elle nécessite peu d’entretien, est peu sensible aux aléas climatiques, est génère un revenu annuel intéressant. Nous les accompagnons durant toute la durée de vie de leur bambousaies, depuis le montage de projet, en passant par le suivi technique, et jusqu’à la valorisation du carbone et de la biomasse, en leur garantissant une juste répartition de la valeur.


En parallèle, nous travaillons avec des industriels soucieux de diversifier leur approvisionnement en biomasse, ou cherchant à substituer des matières premières fossiles par de la biomasse afin de décarboner leur activité. Notre objectif est d’identifier un besoin en biomasse, puis de développer avec les agriculteurs du territoire une filière locale de production de bambou dédiée à cet usage.


🚀 Quelle est votre histoire ?


Avec mon associé Mathieu Poizat, nous voulions nous lancer dans l’entreprenariat à impact, et nous avions identifié ce sujet de la séquestration carbone comme étant central. C’est début 2021, suite à la lecture d’un livre, « Géomimétisme », que l’idée du bambou est apparue. L’auteur, Pierre Gilbert, y liste plusieurs solutions basées sur la nature permettant de réguler le changement climatique, dont le bambou.


Nous sommes rapidement rejoints par notre troisième co-fondateur, Christophe Downey, qui avait lui aussi de son côté identifié le potentiel de cette plante. Nous créons ensuite Horizom début 2022 et réalisons une première levée de fonds de 2 millions d’euros auprès de business angels, et de la BPI.


Nous démarrons ensuite les opérations en nous associant avec Stéphane Alzaix, pépiniériste spécialiste du bambou, qui gère aujourd’hui notre pépinière de 7 hectares située dans les Landes. Nous terminons l’année 2022 avec la plantation de 10 hectares de bambou chez nos deux premiers agriculteurs partenaires.


💪🏻 Comment valorisez-vous le carbone avec le bambou ?


Initiée par le protocole de Kyoto, la compensation carbone est l’un des mécanismes utilisés pour donner un prix au carbone afin de diriger des financements vers des projets de réduction d’émissions (énergies renouvelables, efficacité énergétique, etc.) ou de renforcement des puits de carbone (conservation de forêts tropicales, reforestation, etc.).


La compensation ou contribution carbone consiste, pour un financeur (entreprises, collectivités ou particuliers), à soutenir un projet de réduction ou de séquestration d’émissions de GES dont il n’est pas directement responsable. Les impacts de ces projets sont mesurés et aboutissent à la création de crédits carbone, représentant chacun une tonne équivalent CO2 réduite ou séquestrée. Ces crédits deviennent la propriété du financeur et peuvent lui servir dans le cadre de sa stratégie climatique ou de certaines de ses obligations réglementaires.


En plus de notre accompagnement agronomique, nous proposons donc aux agriculteurs de valoriser le carbone séquestré par leur bambousaie via ce mécanisme. Cela représente pour eux un revenu non négligeable permettant de financer une partie de l’investissement initial.


🚨 Comment gérez-vous le risque de greenwashing lié au marché des crédits carbone ?


Il existe effectivement des entreprises qui n’adoptent pas la stratégie adéquate, notamment au sujet de leur communication en revendiquant une neutralité carbone qui n’a aucun sens à leur échelle.


En tant que développeurs de projets de séquestration, l’enjeu pour nous est donc de bien choisir nos clients carbone, en nous assurant qu’ils respectent les règles du jeu. Il existe notamment des acteurs de confiance, spécialisés dans l’accompagnement des entreprises dans leur stratégie carbone, avec qui nous travaillons pour nous assurer que nos crédits carbone sont correctement utilisés.


🎍 Quelles sont les idées reçues du bambou ?


Lorsque nous expliquons notre démarche, nous nous heurtons souvent à des idées reçues au sujet du bambou, que nous nous efforçons de déconstruire.


Par exemple, beaucoup de gens pensent que le bambou est une plante invasive. Cela est la conséquence de plantations irresponsable en limite de propriétés, empêchant un entretien adéquat permettant de limiter son expansion. Si l’on regarde la réglementation, on constate que le bambou ne figure pas sur la liste des espèces envahissantes en France métropolitaine.


Cela est en phase avec les observations que l’on peut faire sur le terrain. En effet, le bambou a été introduit en France dans les années 1800, pour autant il n’a pas envahi nos paysages comme ont pu le faire des espèces classées envahissantes comme la Renouée du Japon (introduite en 1940) ou le Mimosa (introduit en même temps que le bambou, mais qui lui a envahi le Sud de la France).


A l’inverse des espèces envahissantes, le bambou fleurit de manière très sporadique (tous les 80 ans en moyenne), en produisant une faible quantité de graines, dont le taux de germination est lui aussi très faible. Pour ces raisons, la propagation des graines par le vent et les animaux, qui est par essence incontrôlable et peut avoir lieu rapidement sur de grandes distances, n’a jamais été observée pour le bambou. Quant à la propagation du bambou par ses rhizomes, elle a lieu à une échelle spatiale très réduite (1 à 2 m par an maximum), et est donc très facilement contrôlable grâce à l’entretien d’une bande sanitaire autour de la parcelle. Cette modalité de gestion est bien connue des jardins professionnels, et le protocole est éprouvé depuis plus de 40 ans en France.


D’autres personnes assimilent le bambou a une plante aquatique qui aurait besoin d’énormément d’eau pour pousser. Il se trouve que les espèces que nous cultivons poussent naturellement en Asie sous des climat similaires au notre. Le bambou est donc capable de pousser sans irrigation dans de nombreuses régions de France, en témoigne les bambousaies que l’on peut parfois croiser sur le territoire. Malgré cela, nous préconisons dans notre itinéraire technique l’installation d’un système d’irrigation. Cela nous permet de sécuriser l’implantation de la bambousaie, car comme tout jeune plant au système racinaire peu développé, nos bambous sont vulnérables les premières années. C’est également un moyen de sécuriser les rendements sur le long terme, en lissant la variabilité liée aux aléas climatiques de plus en plus fréquents et intenses.


Merci d'avoir pris le temps de lire cet article !


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