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  • Photo du rédacteurVicente Barreto

Carbon Disclosure Project (CDP)


Le Carbon Disclosure Project, de quoi s’agit-il ?


Créé en 2000, le Carbon Disclosure Project (CDP) est une association de reporting globale pour les investisseurs, les entreprises, les villes, les États et les régions en termes d’impact environnemental. Sa base de données est considérée comme une des plus complètes pour entreprendre des actions RSE et urbaines.


Aujourd’hui, le CDP compte 746 fonds d’investissement forts de 136 000 milliards de dollars de capitaux qui ont demandé à leurs actifs de déclarer leurs impacts relatifs au changement climatique, à la sécurité hydrique et à la gestion des forêts. En Europe, plus de 5 800 entreprises ont répondu à leurs questionnaires pour déclarer leur performance extra-financière. Dans le monde, ce nombre s’élève à plus de 18 700 entreprises.


La plateforme fonctionne de la manière suivante : les organisations qui prennent l’initiative de déclarer leur performance sur le CDP doivent répondre à un questionnaire minimal ou complet dans un ou plusieurs des 3 thèmes environnementaux mentionnés auparavant (climat, eau et forêts). Le questionnaire minimum comprend des questions générales pour tout type d’organisation, et s’ajoutent au questionnaire complet des questions sectorielles plus pertinentes selon leurs activités.


Pourquoi et quand s’y soumettre ?


Le CDP est donc une plateforme de reporting très complète, qui a affiné ses questionnaires pendant les 20 dernières années, y participer vous permet de :

  • Enrichir une des plus grandes bases de données environnementales du monde est important pour définir des mesures d’envergure ;

  • Répondre à la demande des parties prenantes ;

  • Communiquer sur la performance extra financière et disposer d’un avantage compétitif par l’attribution d’un score CDP ;

  • Se soumettre à un processus de construction de plan d’actions, outre l’identification des impacts environnementaux d’une organisation.

Une fois par an, tous les acteurs économiques peuvent s’y soumettre volontairement ou à la demande de leurs parties prenantes. Pour les entreprises qui ont plus de 250 millions de dollars de chiffre d’affaires et qui répondent à la demande d’un client, de membres du programme des banques CDP, de l’initiative RE100 ou de l’initiative NAZM, il est obligatoire de répondre directement au questionnaire complet, pour les autres, le questionnaire complet est optionnel.


Chaque année, les ressources du CDP sont disponibles sur leur site à partir janvier, et les entreprises ont 5 mois pour se soumettre au questionnaire. Pour être éligible à un score du CDP en 2023, il est possible de faire son reporting depuis le 17 avril et jusqu’au 26 juillet. Toutefois, la plateforme reste ouverte jusqu’au 27 septembre, car même sans attribution de score, l’enrichissement de la base de données CDP est très utile.


Il existe trois catégories de tarifs en fonction de la taille de l’entreprise, de la localisation de son siège et du nombre de services auxquels elle souhaite avoir accès. Il faut retenir que pour les PME et ETI européennes occidentales, répondre aux questionnaires et accéder aux documents du CDP est gratuit. Elles peuvent également payer entre 2675€ ou 6480€ pour gagner des avantages de communication ou pouvoir se comparer à 10 autres entreprises de leur choix, par exemple.


I - Le questionnaire changement climatique


Ce questionnaire est au cœur du CDP. Il a permis de collecter des données d’organisations depuis 2002, en s’affinant d’année en année. La signature des accords de Paris en 2015 représente un point critique pour l’association, car le respect des objectifs fixés pour limiter le réchauffement climatique, bien en deçà de 2ºC, implique de nouvelles méthodologies de comptabilité carbone. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la première étape est de revoir les critères de performance des organisations. Ainsi, le CDP a depuis révisé ce questionnaire pour inclure de mieux en mieux des nouveaux risques et opportunités liés au changement climatique et toujours plus importants en termes de périmètre et de taille.


De plus, depuis 2018, le CDP s’aligne sur les recommandations de la Task Force on Climate Related Disclosures (TCFD). Cet organisme fait référence en matière de standards de reporting financier relatif au climat. Créé en 2015, pendant la COP21, par le Conseil de stabilité financière du G20, il a pour but d’étudier de plus près les liens entre les risques climatiques et la stabilité financière. Les rapports de la TCFD recommandent notamment aux entreprises et aux investisseurs de déclarer toutes leurs informations en matière d’impact environnemental.


L’évolution du cadre international depuis 2015 a poussé le CDP à changer le principe fondamental de son questionnaire sur le changement climatique. Si ces questions se concentraient surtout sur la mise à disposition de données environnementales pour le changement de la gouvernance des organisations auparavant, elles sont de plus en plus tournées vers la construction de plans d’actions et le choix d’indicateurs de suivi concrets. Cette réponse à l’accélération du changement climatique permet également d’engager la responsabilité des organisations qui ne respectent pas leurs objectifs.

En outre, d’autres impacts environnementaux sont désormais intégrés à ce questionnaire avec des questions générales sur le suivi, la gouvernance, les engagements et la biodiversité depuis 2022.


Le questionnaire est structuré de manière thématique, et près de 250 questions sont réparties dans les catégories suivantes :

  • Gouvernance ;

  • Risques et opportunités ;

  • Stratégie business ;

  • Objectifs et performance ;

  • Méthodologie d’émissions de GES ;

  • Données d’émissions de GES ;

  • Énergie ;

  • Autres indicateurs ;

  • Vérification ;

  • Crédits carbone ;

  • Engagements ;

  • Biodiversité.

Si l’organisation choisit le questionnaire complet, l’approche sectorielle mise en place selon les recommandations du TCFD permet d’être plus précis sur le choix d’indicateurs de suivi tout en s’alignant avec d’autres standards internationaux de reporting. Cette révision du questionnaire en 2018 a mené à l’intégration des 16 secteurs à fort impact climatique suivants :

  • L’agriculture ;

  • L’alimentation ;

  • Le papier et les forêts ;

  • L’électricité ;

  • Le gaz et le pétrole ;

  • Les services financiers ;

  • Le ciment ;

  • Le capital physique (infrastructures) ;

  • Les produits chimiques ;

  • La construction ;

  • Les métaux et le minage ;

  • L’immobilier ;

  • L’acier ;

  • Les services de transport ;

  • La manufacture d’équipements de transport (OEMs).


Concernant le questionnaire de l’année 2023, des questions ont été modifiées ou introduites à propos de la supply chain, de la consommation d’énergies renouvelables, des services financiers et des spécificités sectorielles.


II - Le questionnaire sécurité de l’eau


Dans le cadre des Objectifs du développement durable (ODD), en particulier l’ODD 6 (accès à l’eau salubre et à l’assainissement), le reporting sur l’utilisation de l’eau a pour objectif d’engager un découplage entre la croissance et la consommation d’eau qui permettra à terme de construire des économies plus sûres et plus résilientes. En proposant une notation hydrique, le CDP participe à la construction d’un benchmark sur les pratiques actuelles et les manières de les améliorer. Lancé en 2010, le questionnaire sur l’eau sert à un nombre croissant d’organisations soumis aux demandes de leurs parties prenantes. Cela a permis au CDP de devenir en à peine plus d’une décennie la plus grande base de données relative à l’eau dans le monde.

Le questionnaire minimum s’inspire des CEO Water Mandate Guidelines et comprend 12 catégories de questions :

  • Comptabilité hydrique d’entreprise ;

  • Activités d’engagement dans la chaîne de valeur ;

  • Impacts du business ;

  • Procédures d’évaluation des risques ;

  • Risques, opportunités et réponses ;

  • Gouvernance de l’eau et stratégie ;

  • Objectifs ;

  • Vérification ;

  • Plastiques.

Pour ce thème, les questions sectorielles s’intéressent davantage à l’empreinte hydrique des organisations dans les secteurs de l’agriculture, l’alimentation, l’électricité, le pétrole et le gaz, les produits chimiques, le gaz, les métaux et le minage.


III - Le questionnaire forêts


La déforestation et la dégradation des forêts sont responsables de près de 15% des émissions mondiales de GES. Changer notre mode d’utilisation des écosystèmes naturels est donc essentiel pour atteindre les objectifs de neutralité carbone et préserver le capital naturel. Parmi les causes de la déforestation, les principales sont l’agriculture et la production de biens dérivés essentiels au fonctionnement des supply chains de millions de biens échangés dans le monde.

En 2022, 1 042 entreprises ont répondu à ce questionnaire concentré sur quatre ressources à risque : le bois de charpente, les produits de l’élevage, le soja et l’huile de palme. Les entreprises concernées peuvent également déclarer leur impact relatif à la production ou utilisation de cacao, de café et de caoutchouc.

Pour formuler le questionnaire sur les forêts, le CDP s’appuie sur le NYDF, initiative globale des gouvernements, ONG, entreprises, fonds d’investissement qui a pour but de mettre fin à la déforestation d’ici 2030 et dont il fait partie. Il est également soumis au contrôle d’un groupe d’ONG et d’institutions de recherche. Les principes et recommandations de l’AFI pour une agriculture durable et des supply chains forestières responsables sont également prises en compte par le CDP.


La collecte de ces données cherche donc à faciliter la fin de la déforestation due aux produits mentionnés ci-dessus, mais aussi à celle due à des facteurs non-agricoles, notamment grâce à l’approche sectorielle des questionnaires complets. Ces derniers concernent notamment le charbon, les métaux et les mines, le papier et la forêt (secteur sans questions spécifiques, mais avec des propositions de réponses différentes pour les questions générales).


Conclusion


Le CDP est une plateforme qui fait référence dans le monde en termes de déclaration de performance extra-financière. Son utilisation par plus de 18 000 entreprises et la révision annuelle des questionnaires pour répondre à l’accélération de la crise climatique et environnementale en font un outil de transition efficace.


Sources :


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